16 avril 2007

Ciel !

Mon grand’père, il y a cinquante ans, fut-ce pour une bouchée de pain ou trois fois rien : ça, je ne sais plus bien, acquit des terres en Espagne, au bord de la mer. Il ne s’en est jamais occupé, les a oubliées. Seulement une fois s’est-il dit J’ai quelque chose là-bas, des oliviers, mais il ne les a pas retrouvés. Alors, aujourd’hui, tous les espoirs sont permis, je dis J’ai des terres en Espagne, accompagne-moi, ma belle : le premier a gagné, c’est à toi de commencer la marelle vers Compostelle, chut, ne lui dites pas que... [Lire la suite]
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15 avril 2007

Le temps d'imaginer.

J’avais rendez-vous avec son ancienne meilleure amie, qui a laissé, avant de venir, un message sur mon répondeur. Au fil de ce message, le temps de deux syllabes, après les politesses d’usage, sa voix s’est adoucie, s’est rapetissée – déjà j’imaginais : sous le poids des mots à prononcer –, petite fille battue, désolée, trop sage, elle disait J’ai eu..., j’ai pensé  Ça y est..., j’attendais qu’elle dise un prénom, …des nouvelles ou Alger mais ces deux syllabes aspiraient le temps, le retenaient, alors j’en ai eu assez... [Lire la suite]
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13 avril 2007

Statistiquement, nous allons bien.

Au Consulat, ils ne disent rien, seulement d’appeler l’Ambassade, mais que ça ne sert à rien. Le Consulat m’affirme que personne n’a de liste « des blessés et… et… des personnes décédées. » C’est l’Ambassade qui l’a d’abord, « puis qui nous la transmet immédiatement », il paraît. Elle était gentille et compréhensive, la dame du Consulat, elle a essayé de me rassurer avec ce qu’elle savait, c’est-à-dire presque rien, et on n’éteint pas ce type d’angoisse avec presque rien.Il y a très peu de chances qu’elle ait été... [Lire la suite]
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11 avril 2007

Attentats d'Alger.

Depuis des années je suis sans nouvelles de celle que j’ai aimée. J’en aurais voulu aujourd’hui car elle habite Alger. Des humains sont morts, assassinés, des humains, par centaines, sont blessés, des proches souffrent et pleurent, des chairs se sont déchirées et je serais heureux, malgré eux, malgré leur douleur, malgré tout ça, je serais heureux qu’elle ne soit pas de ceux-là. Alors ce soir je pourrais me rassurer en lisant le nom des morts. Je suis sans nouvelles de celle que j’ai aimée, qui habite une ville où des... [Lire la suite]
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10 avril 2007

Étretat

  Étretat, hier déjà loinQui reviendra un demain
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02 avril 2007

Monde, étonne-moi.

De lâcheté sans regarder en lassitude inavouée, j’ai causé du malheur parfois, peut-être un bonheur une fois, croyez-moi : je m’en veux de ce que je ne peux, mais, mais je m’en vais, je repars, avec pour seuls bagages des regrets déjà usés et ma vie à repriser – il n’est pas trop tard. J’ai retrouvé un Je t’aime sur du papier, que j’avais oublié, que j’ai ensuite jeté. Je vais faire semblant d’y croire pour commencer, que demain est un autre espoir, je vais tenter, car : sait-on jamais ? je peux encore changer.
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29 mars 2007

L'envers des quais

Au bord de la Seine se promènent quelques amoureux, s’assoient quelques solitaires, soupirent quelques désœuvrés, pleurent quelques malheureux et survivent quelques pauvres. Une dame, bien mise, avait les cuisses trempées, le tissu plus foncé dès le pubis. Au milieu de l’escalier menant à la rue et aux regards, elle s’est arrêtée. Quand je suis passé, du plus loin que je pouvais, elle sanglotait.Au port des Champs Élysées, sous le pont, caché dans l’obscurité, habite un couple. J’entrai chez eux sans le... [Lire la suite]
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28 mars 2007

Tranquillité des quais / bonheur de tout à l'heure

C’est le long de la Seine qu’un hasard me promène. Le Soleil tente de me suivre discrètement, en passant sous le pont. Je le surprends à mon ombre qui s’allonge, à mon sourire qui grandit. Je m’assois sur un banc, lui laisse le temps ; j’observe ce faisant un canard au bord se reposant. Devant moi les passants passent, je regarde, le canard reste. Quelques instants puis, d’un coup, d’un petit saut, les pattes dans l’eau, il dérive – tranquillement. Le Soleil qui m’a rejoint me caresse la joue en guise d’allons-y. Je vais, ... [Lire la suite]
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26 mars 2007

Calmement.

Il faut dire les choses calmement, même doucement ; quand on crie on se trompe souvent. On ne le sait pas forcément : on fait semblant. Je crie beaucoup ces derniers temps. Que l’on forçât ma mère à balayer la cour ne me fit pas souffrir, contrairement à ce que je voudrais dire, simplement je le sais, c’est là : quelqu’un força ma mère à balayer. Moi, je jouais, là-haut, j’ignorais, ou j’étais à l’école, j’ignorais. Aurais-je su que j’aurais continué de jouer, ou de regarder un oiseau par la fenêtre de la classe. Peut-être... [Lire la suite]
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24 mars 2007

J'ai peur de m'habituer.

La radio, l'alcool, les cachets n'y suffisent pas. Un instant, je songe à la drogue, à la dure. J'ai peur de me coucher, de me retrouver avec mes pensées. Elles viennent, je le sens, au loin en rangs serrés, s'approchent, vont se disperser pour m'assaillir de tous côtés. L'alcool, les cachets et la radio allumée ne suffisent plus à les annihiler. Je suis aviné, drogué mais pas assez décérébré. Les gens  m'aperçoivent dans mon coin, font semblant de rien, passent leur chemin. J'ai à peine la force, la clarté ... [Lire la suite]
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