13 janvier 2007

Mon laid miroir.

Dans le miroir ces bras malingres, chaque matin, c'est moi ce ventre gras. Ne pas baisser les yeux : je pourrais voir mes pieds. Alors je m'en vais. Me console près de la machine à café, pensant Je ne crois pas que ce visage soit à moi. La preuve : des gens me parlent, parfois. Des gens me parlent qui s'ennuient avec moi. Riez, amis, ou je m'enterre, s'il vous plaît : au moins, souriez. Pensez à mes pieds, riez, riez de moi, regardez mes bras, ne m'aidez pas à creuser, s'il vous plaît riez. Une femme rit qui me prend le... [Lire la suite]
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11 janvier 2007

Dernière pelletée.

Dans son testament Grand’mère demandait à ce que sa fille, nos proches et moi ne fussions présents à  son enterrement. Au passage elle nous déshéritait, exigeait que les souvenirs ne fussent transmis mais détruits. Seule la loi a limité les effets de sa méchanceté. Presque personne ne vint, sous le crachin peu de famille, quelques voisins. Sur six petits-enfants, un seul présent : il ne la connaissait pas. Ne l’aimant pas quoiqu’il ne la connût pas non plus, il se tint loin de ma mère. Car ma mère, refusant de voir... [Lire la suite]
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09 janvier 2007

Tenir.

Nulle pitié pour qui s’arrachera les chairs, s’écartera les côtes ! Le cœur doit rester derrière ! Je vais le laisser caché… Bien laid ! Bien fait ! Qu’importe s’il est le même caché derrière ! Il est plus beau, le découvert ! On n’aime pas ce qui ne coûte pas ! Le cœur derrière, le mystère devant ! Ça plaît ! Tâte le mur, essaie de deviner ce qu’il y a derrière. Surprise ! C’est moi ! Que moi ! Moi inchangé. Me trouvant, tu n’es pas déçue… Tous ces efforts… Il faut bien m’aimer… Aie peur de l’intérieur, crains les merdes... [Lire la suite]
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09 janvier 2007

Trop tard

Il y a de la méchanceté en moi, elle vient des gènes, elle vient de grand'mère. Sans doute, s'accrochant à sa misère humaine, à ses rances perversions, s'est-elle tenue longtemps en vie pour le plaisir de nous savoir vainement l'attendre crever. Tu n'auras pas eu ce plaisir, mamie. Ce n'est que maintenant que je souhaite ta mort – trop tard. Et, tu sais, pour mieux te faire souffrir, je vais te pardonner. Car en réalité je n'arrive pas à t'en vouloir tout à fait. Mais je voudrais.
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09 janvier 2007

Remplir les espaces vides / Début de l'aigreur

What shall we do to fill the empty spaces? Bury bones? / Break up homes? / Send flowers by phone? / Take to drink? / Go to shrinks? / Give up meat? / Rarely sleep? / Keep people as pets? / Train dogs? / Race rats? / Fill the attic with cash? / Bury treasure? / Store up leisure?But never relax at all / With our backs to the wall.
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08 janvier 2007

Refuge humain.

Revenue habiter à côté, après des années de distance, elle m'a rappelé, invité. On a parlé du passé, de ce que nous avions raté et ça a duré longtemps, on a parlé de maintenant et de demain, c'est-à-dire du cancer et de l'avenir, on a souri tristes puis sereins, chacun trouvant en l'autre son refuge humain. Je crois qu'elle sera la seule à pouvoir entrer.
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08 janvier 2007

Embrasser.

Chaque déception me dessèche, me fissure : j'en ai assez. J'ai guidé sa main dedans la plaie mais je crois qu'elle n'est pas intéressée. Elle s'est retirée sans rien fouiller, en partant délicatement a tout abîmé. Alors ma plaie, faussement refermée, sourit pour dire qu'il ne s'est rien passé, qu'elle n'a peut-être même pas existé. Moi, je vais me retrancher derrière un silence, faire le mur et attendre derrière ; sensible, seul et protégé – insoupçonné, caché. Voilà ce que je serai : un mur d'une extrême dureté, un mur que... [Lire la suite]
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05 janvier 2007

Pour commencer, il faudrait m’accepter imparfait.

J’aurais voulu être un saint ; je n’ai jamais été qu’amoureux – rien de complètement bien. Alors j’ai presque pleuré de ne pas tout aimer – une larme était qui n’a pas perlé. Plus tard je me retournais et ce que j'ai vu me fit sourire sans souffrir. Alors j'ai pris une décision : je laisse pour plus tard les finitions, si Presque est mon prénom, pour débuter je commence par l’imparfait.
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28 décembre 2006

Oui ou non ?

Sortant d'un endroit triste, sous le crachin : – On pourrait croire que je tiens le parapluie ; en réalité je te tends le bras. Excusée par le vent frais, elle rosirait. En cachette, un sourire peut-être percerait.
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25 décembre 2006

J'ai quoi ?

C’est à nous tous que ma cousine a annoncé qu’elle attendait un bébé, mais je l’ai pris pour moi. Je n’ai pas compris tout de suite, me suis dit Je suis papa… non, tonton, mais, en réfléchissant, non ce n’était pas moi, Zut, non, je suis quoi ? je n’étais rien, encore une fois. En quelques instants, comme paraît-il devant la mort, j’ai fait défiler ma vie : je n’étais pas fier. J’ai essayé de la féliciter mais je ne sais pas comment on fait. J’ai regardé absent les autres enfants présents, ceux d’un cousin, l’un a couru... [Lire la suite]
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