23 mars 2007

Ce qu'elle m'a raconté ce matin.

C’est une vieille dame maintenant. Chez eux, on ne prenait pas de photographies. De son fils, elle n’en avait qu’une, prise on ne sait comment, rangée dans ce tiroir qu’on n’ouvrait jamais. Alors, sur la noire pierre tombale, c’est ce portrait qu’elle a fait imprimer en blanc, et qui n’est pas très ressemblant. — Il avait de si belles mains, même si je ne m’en souviens pas bien, il était pianiste, vous savez. — Vous alliez le voir jouer ? — Oui, dans sa chambre, souvent. Avec le temps, les souvenirs de son visage s’amenuisant,... [Lire la suite]
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23 mars 2007

Recommandé.

  « Elle savait Madame Bérenge que tous les chagrins viennent dans les lettres. » J’ai reçu un recommandé et j’ai peur. Personne n’a à m’écrire. Si on vient me chercher, c’est pour une mauvaise nouvelle sûrement, pour une méchanceté peut-être. Si le téléphone sonne, je ne répondrai pas – on ne me l’a fait pas. Si par hasard, par accident, je réponds et que c’est un inconnu qui me souhaite, je dirai que je ne suis pas moi car, paraît-il, tout mensonge doit contenir une vérité. Ou alors, cette vérité, je la dirai... [Lire la suite]
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20 mars 2007

Tu seras Nijinski, mon fils !

« Tu seras Nijinski, mon fils ! » * Dedans, quelqu’un riait. * :  cf. La promesse de l'aube, Romain Gary.
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19 mars 2007

C'est la dernière fois.

Bullet with butterfly wings
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19 mars 2007

Boire la tasse.

Envie de boire, plonger et ne pas remonter.Envie de terminer, et ne pas recommencer.Envie de dormir chez toi, qui que tu sois.Ce soir ou demain, sauvez-moi.Crevez-moi !Crevez-moi !Papa !Papa !Boire, plonger, terminer, crever.Qui appeler ?Papa !Papa !Mais il est mort !Mais il est mort sans moi !À moi ! À moi !Les vivants ! Où ça ?Nulle part ! À moi !À moi, les morts !Papa !Je me noie !À moi, la mort !Sauvez-le, sauvez-le ! Il se noie !— Et toi ?Qu'es-tu, toi ?Qu'es-tu, toi qui ne m'aides pas ?Je suis si seul, je suis si seul sans... [Lire la suite]
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18 mars 2007

Au revoir et merci.

Seule la mort au loin m’observe. Vos yeux s’ouvrent sur moi parfois, le temps de se servir ou juste d’un soupir, se ferment si facilement pour en finir – disparaître, déguerpir –, puis, finalement, se rouvrent ailleurs – silencieusement fuyants. J’existe à peine, un peu de rancœur ; je n’en ai même plus peur. Seule au loin la mort sourit, à elle ma vie seule suffit, mais tu es si loin et je n’ai pas le temps. Un peu de colère seulement, qui baisse mes paupières – et les larmes qui viennent, qui viennent de si loin pour... [Lire la suite]
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18 mars 2007

Complot.

Nous n’étions que deux mais je me suis retourné pour voir à qui elle disait Tu es beau, tu sais. Elle a dit mon prénom aussi pour que je comprenne bien que, le sujet, c’était bien moi. Évidemment elle ne m’a jamais vu nu mais, du coup, elle aurait pu. Le lendemain, une autre s’est écriée Oh ! tes yeux… puis elle a rougi comme si c’était honteux. J’ignore encore ce qu’elle voulait dire mais j’ai souri, sait-on jamais. Néanmoins, analysant ces deux compliments, je me disais Oui mais voilà, les deux m’aiment bien. ... [Lire la suite]
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16 mars 2007

Le photographe et le peintre

Deux nouveaux liens dans la colonne droite : « Le nez en l’air » où vous verrez de vraies photos (ah ! ses portraits africains…), et Bobi – illustrator and painter, comme elle se définit – que j’avais un tout petit peu connue dans une autre vie et qui, depuis, n’a pas perdu une once de talent.
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16 mars 2007

Quoi qu'elle fît

Hanging on quiet desperation
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15 mars 2007

On est mieux chez les morts.

Une vieille repose sa tristesse aux couleurs passées sur un banc du cimetière, laissant l’arrosoir sur son petit chariot, près de ses pieds. Chaque après-midi avec cet arrosoir elle mouille la terre, mais pas de ses larmes que trop de morts ont tari. Peut-être n’a-t-elle même plus de peine, elle prépare la terre qui bientôt l’accueillera et nettoie à l’eau douce quelque souvenir sépia, toujours le même peut-être. Plus loin, un homme élégant, portant costume et tristesse, s’occupe de fleurs avec tendresse. Il les arrose,... [Lire la suite]
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